Prise en charge ostéopathique dans le cadre d’un traitement orthodontique

 Thème : Ostéopathie Enfant adolescent en soin d’orthodontie

Contexte

Classiquement l’ostéopathie dans le champ crânien s’appuie sur le concept de W. G. Sutherland qui sous-entend que les os du crâne « bougent » selon un rythme liquidien : le Mouvement respiratoire Primaire (MRP). Il décrit une biomécanique de motilité des os entre eux et l’ostéopathe sert de guide et d’amplificateur à cette motilité.

Certains ostéopathes, voire certaines écoles d’ostéopathie ne souscrivent pas ou seulement partiellement à ce concept. Les méthodologies d’application ainsi que les explications d’un autre modèle sont propres à chacun ou à chaque école et ne sont pas réellement explicitées. L’ostéopathie crânienne n’est plus tout à fait celle de Sutherland mais pas encore tout à fait autre chose non plus. Faute de compréhension du système et faute de résultat clinique, de nombreux thérapeutes abandonnent ou négligent le travail crânien chez l’adulte comme chez l’enfant. Les praticiens cherchent à se former vers une ostéopathie crânienne plus pragmatique ou à compléter leur arsenal thérapeutique. Depuis quelques années le modèle ostéopathique structurel a été appliqué au crâne au sein de l’Institut de formation supérieur en ostéopathie de Rennes (IFSOR). Il en découle un concept précis s’appuyant sur un modèle architectural et mécanique connu : la Tenségrité. L’ostéopathie crânienne structurelle est l’expression théorique et pratique de ce cheminement.

Ce modèle permet ici de proposer un panel de techniques déjà connues mais sous un éclairage nouveau tenant compte de la lecture du crâne au travers du concept de tenségrité.

« La conception qu’on a des choses change la façon dont on les réalise ».

formationsLa demande

Cette formation répond à une demande de différents instituts de formation continue en ostéopathie post graduée en France et en Europe : Ecole d’Ostéopathie de Genève (EO Genève), Institut de formation continue en ostéopathie et des professionnels de santé (IFCOS  Bruxelles), Bretagne Ostéopathie (BO Rennes), ostéo évolution (Aix en Provence), GEPRO (Madrid)  ainsi que  d’ostéopathes regroupés en association professionnelle (AFO, GRECO) ou isolément de praticiens chevronnés ou nouvellement diplômés.

Objectifs :

Le but de l’Initiation au concept de tenségrité et à la mise en œuvre pratique de la manipulation structurelle crânienne adaptée aux céphalées est d’optimiser la prise en charge thérapeutique des patients dans le champ crânien. L’objectif est de permettre qu’à la fin de la formation chaque apprenant puisse réaliser tout ou partie des techniques et d’appliquer les règles de la manipulation structurelle et d’utiliser le raisonnement clinique et son application mécanique aux pathologies organiques crâniennes classiques mises en causes dans les céphalées.

Méthodes pédagogiques privilégiées : Pour la partie conceptuelle la méthode est principalement expositive. Cependant elle inclue des phases participatives et inductives.

Rappelons que ce concept crânien structurel est une relecture mécaniste du concept classique que connaît l’apprenant. Celui-ci a déjà adapté et modifié son geste technique parfois sa conception du crânien avec l’expérience professionnelle et s’est souvent éloigné du concept de base.

La méthode expositive est utilisée pour présenter le concept de tenségrité et le modèle structurel crânien en termes de mécanique et de gestuelle propre à toute activité corporelle. Les méthodes participatives et inductives offrent à l’apprenant la possibilité de s’approprier tout ou partie du modèle. L’apprenant s’appropriera plus facilement les fondamentaux du concept structurel en les intégrant à son activité habituelle et à a pratique professionnelle quotidienne.

  • Le formateur reformule le concept classique de l’ostéopathie crânienne type Sutherland en insistant sur les zones d’ombre de la théorie ou de la mise en pratique. Existence non prouvée du MRP, besoin de « ressentir » le MRP pour le praticien…
  • Le formateur propose une autre théorie inspirée de la tenségrité dont il expose les grands principes.
  • Dans un deuxième temps le formateur interroge les apprenants sur leur façon de pratiquer au quotidien et souligne les écarts potentiels entre l’application classique de Sutherland et le quotidien de l’apprenant.
  • Le formateur interroge les apprenants sur le respect ou non des principes biomécaniques initiaux de Sutherland au travers de la réalisation pratique du modèle structurel décliné sur une ou deux techniques selon ce nouveau concept.
  • Pour la partie technique et pratique, la méthode démonstrative est privilégiée.
  • Le geste technique est analysé et expliqué au travers du prisme de l’ostéopathie structurelle et de la tenségrité.
  • Il est réalisé par le formateur en insistant sur les caractéristiques particulières de la mise en place des prises et des contacts (« civilités tissulaires »)
  • Il est ensuite réalisé en vitesse réelle sur 2 ou 3 stagiaires. Une planche photo résumant la position du patient et du thérapeute et la prise est laissée visible en power point.
  • Il est alors reproduit par l’apprenant sous la surveillance du formateur et / ou de l’assistant.
  • Le formateur adapte et corrige l’apprenant sur les détails de la mise en œuvre (prise, contact, organisation gestuelle)
  • L’apprenant évolue peu à peu vers l’autonomie du geste adapté à ses particularités morphologiques.

La méthode démonstrative permet à l’apprenant de retrouver certains aspects de son exercice classique en prenant en compte les variantes d’organisation gestuelle imposées par le concept structurel crânien (table basse, tabouret à roulettes, proximité avec le patient)

Découpage de la formation : 

La formation est divisée en trois modules de 1 jour par module

  • Module 1 : « Les bases fondamentales structurelles adaptées au concept structurel crânien et à son application pratique selon le concept de tenségrité »

A  la fin du module 1, les apprenants devront être capables de :

  • Classer chronologiquement les étapes historiques de l’ostéopathie crânienne
  • Identifier les différents constituants de la tenségrité au niveau du crâne
  • Définir la lésion structurelle crânienne comme un changement d’état de la structure
  • Classer chronologiquement les étapes des civilités tissulaires(CT)
  • Mettre en œuvre la mise place des deux sphères de la base crânienne en respectant les CT
  • Appliquer les règles de positionnement du thérapeute et du sujet de la mise en place jusqu’à la prise (s ‘asseoir, se placer, placer son sujet)
  • Identifier les intérêts mécaniques neurologiques et vasculaires de l’occipital CO (MNV), du sphénoïde, de l’l’ethmoide,
  • Identifier les intérêts mécaniques neurologiques et vasculaires des os de la face maxillaire, malaire, palatin, vomer
  • Identifier les intérêts mécaniques neurologiques et vasculaires
  • Identifier la différence entre travail intra osseux, membraneux  et sutural

 

  • Module 2 : « Enquête et repérage de la lésion ostéopathique au niveau de la base du crâne et mise en place des outils gestuels dérivés du principe de tenségrité

Déclinaison de l’enquête conjonctive à la sphère antérieure et aux sphères latérales selon les particularités de la tenségrité

En fin de module 2, les apprenants devront être capables de :

  • Mettre en œuvre le lift frontal Mettre en pratique la technique sphéno frontale
  • Mettre en œuvre la technique échancrure éthmoïdale
  • Mettre en œuvre les différentes techniques des os de la face
  • Identifier MNV du temporal
  • Mettre en œuvre les prises temporales au fût et à 5 doigts
  • Identifier le travail en puissance et/ ou en finesse
  • Identifier la différence entre travail intra osseux membraneux et sutural du temporal
  • Repérer sur le crane éclaté les différents pivots du temporal
  • Schématiser l’orientation des 3 mains sur le travail des pivots
  • Mettre en œuvre chronologiquement les techniques des pivots
  • Identifier l’intérêt de l’os Hyoïde comme squelette de la langue
  • Différencier les différentes fonctions de la langue et leurs rôles dans la déglutition
  • La phonation
  • Mettre en œuvre les différentes techniques de langue
  • Identifier les différents muscles de la face : masseter temporaux, ptérygoïdien …
  • Mettre en œuvre les techniques propres à ces muscles de la face

Module 3 : « Enquête et repérage de la lésion ostéopathique au niveau du crâne de la face et de la staique générale du sujet et mise en place des outils gestuels adaptés à leur correction Déclinaison de l’enquête conjonctive à la face et prise en compte théorique et gestuelle de l’arc membraneux propre au concept de tenségriité.

En fin de module 3, les apprenants devront être capables de :

  • Organiser l’icosaèdre thérapeutique en rapport avec l’arc membraneux du sujet
  • Décliner l’enquête conjonctive du crâne, sous la dictée du formateur.
  • Décliner l’enquête conjonctive crânienne sur des sujets différents
  • Identifier les différentes lésiosn de CO,C1,C2
  • Mettre en place les corrections relatives au référentiel supérieur
  • Identifier les différentes sortes d’orthodontie, fonctionnelle, chirurgicale et leur répercussion sur la statique générale
  • Proposer un protocole logique de prise en charge en fonction des traitements d’orthodontie proposés
  • Identifier les différents référentiels qui gèrent la statique humaine
  • Metrre en place les techniques de manipulation de l’arrière pied
  • Du bassin
  • De la charnière dorso lombaire
  • Identifier les différentes orthèses proposées par les orthodontistes en vu d’améliorer la déglutition, la respiration Souley-Besombes, Valero etc
  • Distinguer les signes d’une dysfonction ventilatoire de la face du jeune enfant, de l’adolescent du jeune adulte
  • Identifier les symptômes typiques des tableaux de respirateur buccal
  • Mettre en place un discours explicatif pour les parents sur les difficultés ventilatoires
  • Mettre en œuvre un courrier adapté aux orthodontistes
  • Difficultés suspectées à priori et remèdes envisagés
  • Les connaissances en anatomie et en biomécanique crânienne classique sont supposées acquises par les apprenants. Cependant, les praticiens diplômés depuis longtemps peuvent avoir en partie oublié les détails et les indications précises des techniques.
Pour remédier à cette éventuelle carence théorique, le formateur s’appuiera durant séance sur un power point déclinant, sous forme de schémas synthétiques de rappels, les particularités anatomiques et biomécaniques de telle zone ou de tel os en incluant les incidences cliniques et les protocoles de soins ostéopathiques classiques.
  • Les apprenants sont tous des ostéopathes, des orthodontistes ou des kinésithérapeutes spécialisés avec plus ou moins d’expérience et d’habitudes professionnelles. Une des principales difficultés peut résider dans la capacité de l’apprenant à accepter un nouveau concept tel que proposé par la formation et à adopter une autre organisation gestuelle pour aborder son patient. En effet le thérapeute devra travailler sur table basse en n’agissant plus avec ses doigts mais par la seule gestion de son corps transmettant à ses mains. Il ne repérera plus la lésion par une écoute du MRP mais en tissant un dialogue conjonctif avec son patient : Test de résistance > correction ostéopathique > test de résistance.

Afin de pallier à ces difficultés potentielles, le formateur pourra conforter l’apprenant dans les éléments communs aux deux concepts, classique et structurel (anatomie, biomécanique, répercussion clinique).

Inviter l’apprenant à ne pas renier ce qu’il sait faire mais à profiter d’un changement de point de vue pour s’accaparer une partie du message ou des détails de mise en place gestuelle.

Souligner les acquis gestuels de l’apprenant au fur et à mesure de la formation.

Pratiquer la technique sur l’apprenant pour qu’il en apprécie la justesse et l’efficacité.

  • Les apprenants satisfaits du modèle ostéopathique proposé par Sutherland ne sont pas toujours prêts à abandonner leur concept ou à en changer.

Dans ce cas, le formateur utilisera la formation pratique comme un moyen pour mieux « ressentir le MRP » par le praticien. En travaillant sa gestuelle, l’apprenant sera plus à même d’écouter le MRP de son patient et donc de pratiquer l’ostéopathie crânienne classique.

 

Dates et Lieu de la formation : Il s’agit d’un module de formation non qualifiant.

La formation se déroule dans les locaux habituels de l’organisme de formation continue en ostéopathie.

Horaires prévisionnels 9h/13h00 – 14h00/18h30 sur 3 jours consécutifs   Soient 24 heures de cours en présentiel-collectif alliant théorie et pratique.

  • Stratégie pédagogique de la formation

 EN GROUPE

Sur les apports théoriques :

Lors de la présentation du concept le formateur

  • Interroge le groupe sur les conséquences dans sa pratique de la remise en cause de tel ou tel élément du concept classique de Sutherland. (Abandon du MRP, ne pas faire avec les doigts)
  • Il invite les apprenants à utiliser les solutions mécaniques proposées par le concept crânien structurel pour pallier à cet abandon.

Intention pédagogique : chaque apprenant peut s’accaparer une partie du concept adaptée à sa pratique quotidienne

En début d’étude d’une nouvelle pièce osseuse :

  • la diffusion du power point sur chaque os est passée sans les annotations écrites
  • Le formateur interroge à la volée sur le nom de telle partie, l’existence de telle artère et ses conséquences en cas de conflit mécanique.

Intention pédagogique : chaque apprenant se remémore ou apprend le nom de telle partie, l’orientation de tel axe de biomécanique ou l’intérêt clinique de tel point

A chaque nouvel os investigué et avant la démonstration pratique par le formateur :

  • le groupe est invité à proposer de manière inductive la façon dont il procéderait en s’appuyant sur les acquis théoriques.
  • Le formateur laisse chaque apprenant mettre en place la technique telle qu’il l’a intégrée.

Intention pédagogique : chaque apprenant prend note de son interprétation, de sa compréhension, du geste proposé par le formateur

  • Le formateur garde un ou deux apprenants présentant dans leur gestuelle les qualités ou les défauts classiques de mise en place et en fait l’analyse pour le groupe.

Afin que ce ne soit pas toujours les mêmes qui soit interrogés, le formateur veille à ce que dans chaque binôme d’apprenants, chacun soit initiateur une fois et répétiteur une autre fois.

Intention pédagogique : chaque apprenant peut découvrir l’interprétation d’autrui et visualiser les défauts de mise en place ou les qualités de positionnement en fonction des différentes morphologies des autres apprenants

A la fin de chaque séance :

  • le formateur invite l’assistance à résumer les acquis théoriques ou pratiques de la séance passée en s’appuyant sur les éventuelles séances précédentes.

Intention pédagogique : chaque apprenant reformule avec ses mots ce qu’il a retenu des séances passées et inaugure des séances à venir

EN INDIVIDUEL

Tout au cours de la formation le formateur et/ou l’assistant formateur accompagnent les apprentissages de l’apprenant et effectuent les réajustements nécessaires.

  • l’apprenant est corrigé pas à pas sur les éléments précédemment proposés et accumule ainsi les corrections qui facilitent l’appropriation tout au long de la formation 
  • Le formateur réalise la technique sur l’apprenant. L’apprenant a la possibilité de « vivre » le geste technique « côté patient »
  • le formateur ou l’assistant devient ensuite sujet pour l’apprenant qui est à présent « côté soignant ». Le formateur ou l’assistant, fait part à l’apprenant de son ressenti et lui indique si nécessaire les réajustements en cours de soin (Action des doigts du praticien différent de transfert de corps du praticien dans les mains)

Intention pédagogique : cette étape permet à l’apprenant de se construire une palette de sensations justes et erronées. Dans le  « faire » comme praticien et dans le  « ressentir » comme sujet

A partir de la deuxième séance pratique :

  • en début de session le formateur propose aux apprenants placés en situation de praticien de réaliser sur leur collègue placé en situation de patient la technique vue à la séance précédente. (Mise en place, contact, interface)
  • Le formateur apprécie et réajuste si nécessaire
  • Le formateur s’appuie sur cette expérience pour proposer la séance suivante.

Effectif mini-maxi : entre 10 et 16 personnes pour un seul intervenant.

Dans le cadre d’un groupe entre 16 et 22 personnes le formateur sera assisté d’un ostéopathe initié à la pratique structurelle crânienne pour le suivi pratique, c’est à dire :

  • Vérifier la bonne mise en place de l’apprenant et la juste réalisation de ses prises
  • Garantir l’innocuité des techniques réalisées
  • Répéter les principes structurels appliqués aux différentes techniques
  • Reproduire la technique en l’adaptant à la morphologie de l’apprenant

Les cours ont lieu en français, en cas de formation proposée à l’étranger un traducteur, ostéopathe de préférence, sera recruté.

Prérequis : Les participants doivent être diplômés en ostéopathie et justifier d’une formation complète intégrant la totalité de l’enseignement crânien. (Anatomie, biomécanique, techniques classiques, clinique et pathologie médicale permettant de faire un diagnostic d’exclusion.) En fin de cursus d’ostéopathie, quel que soit l’institut de formation français ou étranger, chaque apprenant doit être en capacité d’analyser l’anatomie crânienne du patient et sa biomécanique.

Ce stage est également ouvert aux dentistes, aux orthodontistes et aux kinésithérapeute spécialisés en rééducation linguale ou aux orthophonistes.

  • Situer, nommer et palper chaque os et suture du crâne
  • Repérer et nommer les points stratégiques de chaque os du crâne
  • Restituer dans l’espace l’orientation des différents axes biomécaniques crâniens

Une photocopie du diplôme accompagnera systématiquement l’inscription administrative à la formation

Aucune condition d’âge ou d’expérience professionnelle n’est requise. Toutefois l’expérience clinique des participants sera un plus et permettra d’alimenter les échanges entre les participants.

La participation de tous est requise tant comme « praticien » que comme « sujet » afin de permettre à tous les apprenants de pratiquer et de ressentir comme patient à tour de rôle.

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